La table de Cana

La Table de Cana est un parfait exemple d’insertion par l’activité économique. Employant des personnes éloignées du marché du travail, elle leur offre une chance de rebondir sur le plan tant professionnel que personnel.

La Table de Cana n’est pas un centre social ni une école ou un organisme de formation mais une entreprise en concurrence avec d’autres. À la différence près que ce traiteur emploie une trentaine de salariés qui étaient tous des chômeurs de longue durée aux parcours de vie souvent chaotiques : rupture familiale, difficultés pour se loger, etc. Ces personnes ne peuvent rester en poste plus de deux ans. Après un premier contrat de quatre mois qui leur permet de mettre le pied à l’étrier en douceur, ils en signent un second de quatorze mois durant lequel ils acquièrent un savoir-faire comme commis de cuisine, chauffeur-livreur, serveur ou aide ménagère. Puis un troisième de six mois leur permettant d’être accompagnés pour trouver un emploi durable. Ici, la dimension humaine est prioritaire. Et pour cause, la Table de Cana a été créée il y a 31 ans par le père jésuite Franck Chaigneau, qui souhaitait donner du travail à des sans-abri. D’abord associative, elle est devenue une entreprise d’insertion en 1990.

Une association comme actionnaire majoritaire

Malgré ce changement de statut, son projet alliant rigueur économique et entraide sociale demeure inchangé. Organisation de réceptions, cocktails, buffets… Ses clients ont des exigences en termes de qualité qu’il faut satisfaire. Pour y parvenir, il est nécessaire de disposer d’équipements performants et d’une équipe encadrante compétente. Installé à Antonypole, l’endroit compte 600 m² de cuisine avec trois laboratoires (chaud, froid et pâtisserie) et quatre véhicules de livraison. En plus des dirigeants, quatre commerciaux, trois chefs diplômés, deux responsables logistique et ressources humaines s’activent pour faire tourner la boutique. Ce qui distingue aussi la Table de Cana d’autres enseignes, c’est que 87 % de son capital est détenu par l’association Soutenir l’insertion à Antony. Le rôle de ces bénévoles ? Apporter leur aide dans la réussite de ce projet social. C’est par exemple eux qui ont eu l’idée de créer un vestiaire dans les locaux de l’entreprise où des habits, jouets et bijoux sont vendus aux salariés pour des sommes dérisoires.

La Table de Cana

5 bis, avenue Maurice-Ravel
Tél. : 01 55 59 53 53
Site internet : www.canatraiteur.com
Juliette Dux - Directrice générale adjointe

L’État nous verse à l’année une subvention de 10 000 € par salarié. En tant qu’entreprise d’insertion, nous bénéficions aussi d’un fonds d’entraide de 20 000 € que nous utilisons pour nos salariés lorsqu’ils sont confrontés à une situation d’urgence (facture non payée, surendettement, meilleur accès aux soins…). Nous devons nous assurer qu’ils puissent venir travailler, et ce pendant deux ans. Cette aide sociale est indispensable, car elle favorise la stabilité de notre activité économique. Nos prestations se doivent d’être identiques à n’importe quel autre traiteur.

Stéphane Rubio - Responsable insertion

Si nos salariés connaissent des difficultés sociales, ils sont capables de tenir leur poste à partir du moment où on les aide à s’en sortir. Nous essayons progressivement de résoudre les freins qui les empêchent d’accéder à une entreprise classique. Nous ne recrutons pas tous les publics, comme les SDF par exemple. Certains employés sont suivis par un travailleur social avec qui je reste en contact régulier. Nous faisons notre possible pour rendre notre activité compétitive sans oublier la dimension humaine de notre projet.

Ketty Duflaut - Salariée

Pendant longtemps, j’ai enchaîné les petits boulots dans la vente, en maison de retraite ou en milieu hospitalier. Avant d’arriver à la Table de Cana, je n’avais pas travaillé pendant trois ans. Je m’occupais de ma fille. Ici, je fais la plonge, du ménage et du repassage. L’ambiance est conviviale, avec un personnel encadrant professionnel et très à l’écoute. Par la suite, je souhaite devenir agent spécialisé des écoles maternelles (ASEM). J’ai toujours apprécié le contact avec les enfants. J’ai confiance en moi et suis vraiment motivée.