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Culture
Dernière modification le 30/04/2019

Emmanuel Guibert, invité d'honneur du festival Des Bulles dans la ville

Emmanuel Guibert, l'un des auteurs les plus en vue de la bande dessinée française, est l'invité d'honneur du festival Des Bulles dans la ville. Rencontrez-le avec Marc Boutavant, autre invité d'honneur avec qui il a créé le personnage d'Ariol, le 12 mai à l'espace Vasarely. Découvrez aussi leurs expositions dans les médiathèques et retrouvez tout le programme du festival.
 

Présentez-nous l’exposition à la médiathèque Anne Fontaine…

Emmanuel Guibert : Elle est axée sur mon album Martha & Alan. Celui-ci évoque l’amitié entre deux enfants, dont Alan Ingram Cope. Je raconte la vie de cet hommeLa Guerre d&aposAlan, d&aposEmmanuel Guibert depuis maintenant 25 ans. Il est né en 1925 en Californie, est venu en France pendant la Seconde Guerre mondiale comme GI et n’en est jamais reparti jusqu’à sa mort en 1999. Je l’ai croisé par hasard, en lui demandant mon chemin alors que j’étais en vacances sur l’île de Ré en 1994. Il y avait 40 ans d’écart entre nous mais nous sommes devenus amis. Je possède des heures d’enregistrement de nos conversations qui ont donné lieu à trois volumes de La Guerre d’Alan, à L’Enfance d’Alan, et à Martha & Alan.

Comment choisissez-vous vos sujets d’album ?

Ariol d&aposEmmanuel Guibert et Marc BoutavantLes rencontres sont importantes pour la partie biographique de mon travail. Outre celle avec Alan, mes conversations avec mon voisin, Didier Lefèvre, ont abouti à la publication des trois tomes de Le Photographe. J’y raconte son travail de photoreporter en Afghanistan pour Médecins sans frontières, dans les années 1980. Je suis aussi auteur jeunesse. Je pioche alors dans mes souvenirs et mon imagination. Celle-ci agit comme un muscle. En la travaillant régulièrement, elle devient généreuse. Il faut la nourrir par l’observation. Ensuite, on invente des histoires, comme pour Ariol ou Sardine de l’espace. D’ailleurs, je pratique aussi le croquis d’observation.

Il paraît que vous adorez les archives…

Oui, je « bouffe » des archives pour mes biographies. Évidemment, je lis beaucoup, comme de nombreux auteurs. J’aime notamment les archives sonores. J’ai longtemps été un auditeur assidu de France Culture. De nombreux sons m’ont marqué et nourrissent mon travail.


Vous avez publié votre première BD en 1992. D’où vient votre longévité ?

Vous évoquez 1992, mais j’ai la sensation que tout remonte aux années 1960. Dans ma petite enfance, je dessinais et racontais des histoires. D’après mes parents, le premier mot que j’ai prononcé est « crayon ». Ils m’encourageaient, tout comme mesAuto-portrait d&aposEmmanuel Guibert copains. Je n’ai pas attendu d’avoir des lecteurs : mon entourage m’a fait comprendre que quelque chose me singularisait. C’était pour moi formidable. Plus tard, j’ai pris conscience qu’il s’agissait d’un métier. Il y a donc des sentiments qui perdurent depuis cette époque et ne s’éteignent pas aussi facilement. Tant que je pourrai dessiner, je continuerai. Il faudra m’enlever le crayon de la main pour que j’arrête.

Est-ce aussi la variété de votre travail qui vous aide à vous renouveler ?

Forcément. Je travaille par exemple en ce moment avec Gallimard sur un livre sans image de 300 pages. J’ai déjà rédigé des nouvelles mais jamais de texte aussi long. Il y a quelques mois, j’ai aussi réalisé une lithographie d’1,20 m sur 1,80 m. Apprendre des nouvelles techniques et se donner des défis suffit amplement pour ne pas s’ennuyer.

Qu’est-ce que les collaborations vous apportent ?

Elles sont très importantes. Ce sont des amitiés qui m’amènent là où je n’irais pas tout seul. Je ne me suis jamais rendu en Afghanistan, mais j’en ai une bonne connaissance grâce aux personnes que m’a fait rencontrer Didier Lefèvre. Mon travail avec Alan a aussi nécessité des recherches sur la Seconde Guerre mondiale.
 

Portrait d&aposEmmanuel Guibert
 

Des Bulles dans la VilleParticipez-vous souvent à des festivals ?

Je ne m’y rends pas souvent, mais je suis très content de venir à celui d’Antony. Ma dernière visite dans la commune date d’il y a trois ans. Il s’agissait de vernir une exposition de patients en psychiatrie. C’est un sujet auquel je tiens, comme membre de l’association Sur un lit de couleurs, qui met en place des ateliers d’arts plastiques dans des structures hospitalières. J’y avais d’ailleurs rencontré un ami d’enfance, devenu psychiatre. Je viens donc pour cela, retrouver des vieux copains, mais aussi des lecteurs. C’est intéressant d’échanger avec ceux qui découvrent mon travail.

Comment expliquez-vous l’engouement pour la bande dessinée depuis quelques années ?

J’ai du mal à donner des explications générales. Ce n’est pas nouveau. J’ai bientôt 55 ans et j’ai toujours vécu entouré de BD. Les premières que j’ai eues en main étaient celles que mon père lisait enfant, en 1947 ou 1948. La BD est donc très profondément ancrée en France. Maisons d’édition, librairies, auteurs, bibliothèques… Il y a toutes les infrastructures pour créer un climat favorable. Il faut avoir conscience de cette chance. La Belgique et la France forment l’un des trois pôles mondiaux de la BD, avec le Japon et les États-Unis. Je sais même que certains auteurs italiens viennent à Paris car il est plus facile de vivre de la BD ici.

Dimanche 12 mai 2019 à l’espace Vasarely

Place des Anciens Combattants d’Afrique du Nord

Renseignements auprès du Service culture

Tél. : 01 40 96 72 82
E-mail : culture@ville-antony.fr

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