Actualités

Retour aux actualités
Histoire
Dernière modification le 06/12/2018

Castors : à la force des bras

En pleine crise du logement au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des employés de la Compagnie des compteurs de Montrouge se sont regroupés pour bâtir eux-mêmes leur pavillon. Plusieurs lotissements ont ainsi vu le jour.
 

Le castor est réputé pour construire lui-même son habitat et y prêter une attention particulière. À la manière de ce rongeur, dans les années 1950, des courageux bâtissent leur maison de leurs propres mains dans un contexte de crise du logement et d’attente interminable pour obtenir un appartement dans le parc social. Ce mouvement, appelé « Les Castors », repose sur des coopératives d’autoconstruction. Objectif : obtenir des matériaux à moindre prix et exécuter le maximum de travaux à la place des travailleurs du bâtiment. Si le milieu ouvrier est davantage concerné par cette méthode, Antony fait exception. Le premier lotissement naît au sein de la Compagnie des compteurs de Montrouge, une société de petite mécanique et d’électricité. Les mécaniciens, câbleurs, agents techniques, dessinateurs sont certes présents en nombre. Mais ils côtoient des employés de bureau, contremaîtres, commerciaux et ingénieurs. Au total, sur 70 « castors » qui forment l’association « Le Grillon de l’Île-de-France », on recense 38 « manuels » et 32 « cols blancs ». Grâce à un prêt de leur employeur, ils acquièrent des terrains à la lisière de l’actuel parc Marc Sangnier.

Tranchées et tout-à-l’égout

Commence alors un travail titanesque, résumé par le « castor » Robert Cadet, dans un fascicule de l’association : « Il a fallu viabiliser le terrain ; curer le bras de la Fausse-Bièvre sur 300 mètres parmi les moustiques, les rats et les chats crevés, les détritus de toutes sortes […] ; creuser environ 1 km de tranchées pour le tout-à-l’égout, puis implanter les pavillons, les rues, les tranchées d’alimentation d’eau et de gaz. » Les castors s’organisent en équipe spécialisées : terrassiers, coffreurs, ferrailleurs… Ils se rendent sur le chantier après leur journée de travail et le week-end. Le règlement est strict : repos autorisé un dimanche par mois et pendant une semaine de congés payés sur les trois que comptait l’année. Trente-cinq pavillons sortent de terre entre 1953 et 1957 en limite de Fresnes. De 1955 à 1957, 36 autres voient le jour en limite de Bourg-la-Reine grâce à des employés de la même compagnie, regroupés dans l’association « Les Castors de la Bièvre ». À l’issue des constructions, chaque maison est attribuée par tirage au sort. Les rues prennent les noms des cadres de la Compagnie des compteurs : rue Gabriel Chamon, René Barthelemy, Arthur Blanchet… Aujourd’hui encore, certains de ces bâtisseurs vivent dans la maison qu’ils ont construite.

1952

Démarches pour les prêts, autorisations administratives, études chez les architectes…

7 novembre 1953

Première pierre du groupe d’habitation « Le Grillon de l’Île-de-France ».

Mi-juillet 1955

Emménagement des premiers « castors ».

1955 à 1957

Construction d’un autre lotissement par « Les Castors de la Bièvre », au nord, rue de Châteaufort.

1970

« Le Grillon de l’Île-de- France » vend des parties communes non utilisées à la Ville. Le parc Marc Sangnier y sera aménagé.

Articles recommandés

Budget participatif 2018 : les projets lauréats prennent forme
Démocratie

Budget participatif 2018 : les projets lauréats prennent forme

Pour la première édition du budget participatif antonien, 12 projets ont été retenus. Les projets lauréats ont été annoncés lors du Conseil municipal du jeudi 6 décembre 2018. Ils seront... Lire la suite

Cet hiver, le Clic veille !
Seniors

Cet hiver, le Clic veille !

Âgé et seul pendant l’hiver ? Les bénévoles du Centre local d’information et de coordination gérontologique (Clic) écoutent et appellent les personnes isolées pour partager un moment... Lire la suite

« Le Radeau de Géricault, 1818-2018 » à la Maison des Arts
Exposition
14.11.2018 au 06.01.2019

« Le Radeau de Géricault, 1818-2018 » à la Maison des Arts

À l'occasion du bicentenaire du tableau Le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault, la Maison des Arts organise une exposition de créations artistiques inspirées par ce chef d'œuvre du... Lire la suite