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Histoire
Dernière modification le 03/01/2018

Lavoir : lessive collective

Le linge sale ne s’est pas toujours lavé en famille. L’opération était autrefois effectuée dans des lavoirs publics, véritables lieux de vie de la société villageoise animés par des spécialistes de l’entretien du linge : les lavandières.
 

Laver son linge est devenu un jeu d’enfant grâce aux machines et aux évolutions technologiques. Il n’y a pas si longtemps, c’était pourtant un rituel qui demandait de l’abnégation et jouait un rôle fédérateur dans la société. Au début du XXe siècle, Antony était une commune rurale traversée par la Bièvre, alors à l’air libre. Sur son lit, le lavoir de la Grande-Pierre était situé rue Joseph-Delon, à proximité du pont où passe l’actuel RER. Les femmes y venaient en nombre. L’entretien du linge leur était en effet confié de manière exclusive. « Si un homme venait au lavoir, il était poursuivi d’injures et de quolibets », écrit-on dans un numéro de L’Écho du terroir de 2008, le bulletin de l’Atelier-musée du pays d’Antony (AMPA). Cet espace préservé des maris était un lieu de bavardages et de commérages, où s’établissait la sociabilité villageoise. Les jeunes filles y étaient éduquées en compagnie des mères. La vue par tous du linge familial en faisait aussi un endroit où l’intimité du voisin se dévoilait. « Les lavandières, dit-on, avaient un œil de contrôle des moeurs, car elles parlaient de la vie intime du village », indique l’AMPA.

Agenouillées et regroupées

Cette dimension sociale ne doit pas faire oublier que le lavoir était d’abord destiné à rendre le linge propre. On y procédait au rinçage, à la fin d’un cycle d’entretien qui durait une semaine. L’opération était tellement longue et fastidieuse qu’elle n’était réalisée que deux fois par an. Il fallait au préalable rassembler dans un cuvier de l’eau froide et une grosse toile de chanvre sur lesquels on plaçait le linge. On disposait sur cet ensemble des sacs de toile contenant des cendres de bois et on y versait de l’eau chaude portée à ébullition dans un chaudron à proximité. On laissait ensuite le linge reposer là toute la nuit. Préparer l’arrivée au lavoir s’apparentait à un vrai travail d’ingénieur. Une fois sur place, leur tâche ressemblait plus à celle d’un ouvrier. Là, les femmes frappaient le linge avec un battoir pour décoller la saleté et rinçaient chaque pièce, agenouillées et regroupées par affinités. Les draps, linges et autres chemises étaient ensuite étendus dans les prairies avoisinantes pour les faire sécher. Cette succession de tâches était pénible et douloureuse pour le dos. Pour tenir, les laveuses apportaient la « goutte » (alcool), participant ainsi à leur réputation d’avoir « le gosier en pente ». Ce métier harassant a disparu avec l’apparition des machines à laver. Elles se sont imposées dans les blanchisseries dès le début du XXe siècle. On pouvait y traiter jusqu’à 900 kg de linge par journée de 12 heures.

1820

Construction des premiers lavoirs.

1868

Dix blanchisseurs professionnels sont recensés à Antony

1935

Huit blanchisseurs à Antony, installés routes d’Orléans, de Fresnes, de Choisy et rue Fondouze.

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