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Histoire
Dernière modification le 30/10/2018

Obsèques : comment la mort est devenue une affaire publique ?

La prise en charge des défunts était autrefois dévolue aux institutions religieuses. Au tournant du XXe siècle, les municipalités prennent la main, grâce à la création d’un syndicat intercommunal auquel Antony adhère depuis 1905.
 

Lors de la perte d’un être cher, on se recueille en famille et avec ses proches. Des institutions interviennent néanmoins pour s’occuper des défunts. Cette opération a été le pré carré des organisations religieuses pendant de nombreuses années. Il n’est donc pas étonnant que le plus ancien cimetière connu à Antony soit localisé aux abords de l’église Saint-Saturnin. On y a enterré les fidèles jusqu’en 1820, date de son transfert à l’emplacement actuel. Les années 1880 sont marquées par des évolutions juridiques qui atténuent la main-mise religieuse : les cimetières deviennent des propriétés communales en 1881. Un texte de 1884 donne le pouvoir de police aux maires pour veiller au « bon ordre » des enterrements. Ce mouvement de sécularisation aboutit à la loi de 1904 : elle abroge définitivement le monopole conféré aux Églises et aux consistoires. Les tâches confiées aux municipalités y sont énumérées : « Transport des corps, fourniture des corbillards, cercueils, tentures extérieures de maison mortuaire, voitures de deuil… » Ce cadre offre l’opportunité aux communes de se regrouper pour gérer un nouveau service public.

Compétences mémorielles du Maire

En 1905, Antony compte parmi les 31 premières villes adhérentes au syndicat des communes de la banlieue de Paris pour les pompes funèbres. Cette réforme provoque de vives querelles entre partisans de la municipalisation et adeptes du statu quo. Les premiers mettent en avant la « neutralité » d’une prise en charge publique et la crainte d’un « mercantilisme » défavorable aux plus modestes en laissant l’Église seule aux manettes. Les seconds redoutent que l’on fasse peser sur le contribuable la gestion des défunts et que la puissance publique n’entrave la libre concurrence. Finalement, après 1905, la société Pompes funèbres générales reste le partenaire privilégié des municipalités, comme elle était auparavant celui de l’Église. La concorde règne autour d’un impératif : le bon déroulement des obsèques. D’autant plus que le Maire acquiert des compétences mémorielles après la Grande Guerre : il devient le gardien du monument aux morts. À Antony par exemple, celui-ci est érigé sur la place de la Mairie, avant qu’il ne soit dressé dans le cimetière communal. Au fil des décennies, la Ville accompagne les moments de deuil : un funérarium est construit en 1987 pour que les proches se réunissent avant les obsèques. La perte d’influence de l’Église conduit également à ériger en 1992 un jardin du souvenir, avec espace de verdure dans lequel disperser les cendres des défunts.

1804

Des décrets consacrent le monopole funéraire des institutions religieuses

1904

Une loi confie les pompes funèbres aux communes

1905

Antony adhère au syndicat intercommunal des pompes funèbres

1987

Construction d’un funérarium par la Ville

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