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Vie économique
Dernière modification le 05/12/2019

Made in Antony : ils produisent à deux pas

Envie d’originalité pour Noël ? À Antony, des artisans, artistes ou entrepreneurs proposent des articles conçus sur place grâce à leur imagination et leur passion. Les solliciter plutôt que se procurer des produits fabriqués loin d’ici, c’est adopter un comportement éco-responsable.
 

Par cargos, par avions, par camions… À Noël, les marchandises affluent parfois depuis l’autre bout du monde jusqu’au pied du sapin. À l’heure où les consommateurs s’interrogent sur leurs choix, procéder autrement devient possible. Antony compte de nombreux fabricants de produits qui peuvent donner des idées de cadeaux originales. Les artistes, artisans ou entrepreneurs présentés dans ce dossier fournissent des exemples de cette tendance incarnée par plusieurs lieux et événements locaux. À la Plateforme des acteurs de demain absolument fantastique (Padaf), à Antonypole, une centaine de résidents créent dans leurs locaux, loués à prix abordable. Tous partagent leur engagement dans l’économie sociale et solidaire et certains exposeront leurs produits le 14 décembre. L’association Antony Métiers d’art réunit des artisans dotés de savoir-faire précieux (feutrier, céramiste, sculpteur, mosaïste…). Ils démontrent leurs talents chaque printemps lors des Journées européennes des métiers d’art, dans leur atelier ou à l’espace Vasarely. Ce dernier lieu accueillera aussi le Salon des créateurs les 21 et 22 décembre. Une soixantaine d’exposants, dont de nombreux Antoniens, y sont attendus pour échanger et vendre leurs produits. Impossible d’être exhaustif : aux quatre coins du territoire, il existe d’autres passionnés qui créent de leurs mains. À vous de les trouver !


Issa Mouradian : à mains feutrées

Issa Mouradian« Savez-vous que le feutre est apparu dès la préhistoire ? » Histoire de la matière, propriétés, usage… Issa Mouradian pourrait donner une conférence sur cette laine utilisée dans de nombreux vêtements. Dans la pièce de son appartement du quartier Pajeaud, la matière première forme un éventail de boules de couleurs soigneusement rangées dans les étagères. En la piquant avec une aiguille ou en la manipulant avec une eau chaude savonneuse, elle parvient à créer des accessoires : chapeaux, broches, sculptures en forme d’escargots, décorations pour sapin de Noël… Cette tâche ne demande aucune machine, seulement de la patience, du calme et un savoir-faire. « Il me faut 7 à 8 h pour concevoir un chapeau », précise-t-elle. Elle s’est lancée dans cette activité en découvrant le stand d’une feutrière au salon Création & Savoir-faire à la porte de Versailles, en 2007. « J’ai été émerveillée », se souvient-elle. Autodidacte, cette graphiste de métier troque depuis quelques années une partie du temps passé devant son ordinateur contre une aiguille pour façonner les objets qu’elle vend en ligne. Elle encadre aussi des stages de découverte au sein de l’association Atelier 37. « Mes élèves me disent que c’est méditatif et déstressant », sourit- elle. Certains cours sont d’ailleurs programmés en décembre autour du thème de Noël. Issa Mouradian est également membre de l’association Antony métiers d’art, avec laquelle elle participe chaque année aux Journées européennes des métiers d’art. Elle y rencontre le public pour lui présenter son savoir-faire, telle une conférencière très manuelle.

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Site internet : etsy.com/shop/IssaFelt


Pimp your waste : ils emploient du bois

Éric DorléacAvec plus de 220 millions de tonnes par an, le BTP est le premier producteur de déchets en France. Lorsqu’ils apprennent ces chiffres, Fabien, Alexis, Nils et Éric, étudiants à l’école d’architecture Ensa Paris-Malaquais, se demandent comment y remédier. Leur projet de fin d’études, lancé en septembre 2017, tente d’y répondre par une idée en apparence simple : réemployer des chutes de bois non utilisées et vouées à la benne pour leur donner une seconde vie sous forme de chaises, tables, comptoirs… Elle est en réalité plus complexe : « Le réemploi de mobilier est souvent artisanal. Notre ambition est de se rapprocher des modèles industriels, grâce à des outils numériques pour en démocratiser l’accès », détaille Éric Dorléac. Un algorithme a ainsi été conçu pour trier, concevoir et fabriquer automatiquement leurs produits. L’homme, lui, intervient pour les finitions. Ce procédé offre une traçabilité des matériaux. « Cette chaise est réalisée avec un parquet issu du défilé Dior de la Fashion Week, s’amuse Éric Dorléac. D’autres sont conçues avec un parquet plus que centenaire du fort d’Aubervilliers, ou du contreplaqué récupéré au salon de l’agriculture. » Ce travail de recherche est devenu une entreprise baptisée Pimp your Waste, à l’été 2018. L’association Réavie leur fournit des matériaux, tout comme le groupe Bouygues Construction et divers acteurs du bâtiment. Domiciliée à Paris, la start-up fabrique ses produits à Antony : les pièces sont usinées à la Padaf dans des ateliers de 150 m2, puis assemblées par des travailleurs handicapés de l’Esat Jacques Monod, à quelques centaines de mètres de là. Les entrepreneurs aimeraient aussi intégrer les demandeurs d’asile de l’Hébergement d’urgence voisin à leur process de fabrication. Cela ne les empêchera pas de mettre la main à des Jean, Arlette, Mauricette, Gilbert… Noms de leurs meubles vendus à partir de 150 €.

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Site internet : www.pimpyourwaste.com


Little K : carte bling-bling

Little KIl y a une dizaine d’années, Little K travaillait comme animateur dans un centre de loisirs. Après le déjeuner, c’était le moment du « temps calme » : les enfants disposaient de quelques instants pour eux. Un jour, ils ont engagé une discussion sur le rap, ses clips, ses grosses voitures et ses symboles bling-bling. Little K les écoutait d’une oreille. « Ça me parlait. Je leur ai dit : "On se la joue rappeur ?" » Il regarde autour de lui et trouve des cartons. « Avec les enfants, en seulement 1 h, on s’était fabriqué des bagues, colliers, dollars », se rappelle-t-il. Depuis ce jour-là, ce qui était un moment de rigolade est devenu une obsession. Armé d’un cutter et de colle blanche ou à bois, Little K produit des merveilles en carton. Il reproduit des objets emprunts de culture urbaine : transistor Ghetto blaster, baskets Stan Smith ou Jordan, platines MK2, colliers au sigle « $ ». Dans l’espace qu’il loue à la Padaf à Antonypole, le visiteur baigne dans cet univers hip-hop. L’artiste pousse la perfection jusqu’à faire de ses œuvres de véritables objets animés. Son imposante Chevrolet Impala de 1964 – celle de Dr Dre – s’anime comme un manège d’enfant lorsqu’on y insère une pièce : feux allumés, voiture qui secoue… « À travers mes œuvres, je matérialise mes rêves. Petit, je voulais par exemple aller dans l’espace. J’ai donc réalisé une fusée en carton », explique-t-il. Ce grand garçon de 37 ans, très bricoleur, a tout appris seul, à force de persévérance et de patience. Cinq jours sont nécessaires en moyenne pour fabriquer une chaussure. Il lui faut aussi s’approvisionner en matière première : « J’en récupère un peu partout. À la caisse du supermarché, j’achète quelques articles et emporte beaucoup de cartons. »

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Expo-vente à la Padaf, 4 avenue Maurice-Ravel, le 14 décembre
Site internet : littlek.fr


Christine Guillaumin : souffle créatif

Christine GuillauminRéputé pour sa couleur vive et sa transparence, le verre de Murano est utilisé par des verriers depuis le XIIIe siècle. C’est lors d’un voyage sur l’île du même nom, à proximité de Venise, que Christine Guillaumin a « flashé » sur ce produit. De retour à Antony, elle a suivi une formation d’un an à Paris. Dans la foulée, en 2013, elle a investi pour se lancer comme auto-entrepreneuse : chalumeau, concentrateur d’oxygène, four. Tout ce matériel est soigneusement installé dans une pièce aménagée dans son sous-sol, à côté de vitrines exposant des dizaines de bijoux, articles de décoration comme des porte-clés, horloges, ouvre-lettres… Ou encore des pièces pour la table : couteaux, pics, boules à thé, tire-bouchons… Elle élabore ces produits tous les matins en chauffant à 1 000 °C des baguettes de verre sodocalcique. Elle les passe ensuite au four pour les solidifier. Toutes les pièces sont uniques, parfois réalisées à la demande. « Il faut entre 5 et 30 min pour former une perle. J’ai passé jusqu’à 150 h sur une lampe qui en compte 200 », explique-t-elle. Comptez entre 20 et 70 € la création. Certaines sont en vente à la boutique antonienne Ballotin des créateurs (47 avenue Aristide-Briand). Membre d’Antony métiers d’art, Christine Guillaumin donne également des cours individuels à son domicile. À l’issue d’une découverte de 3 h, les apprenants repartent avec leurs productions.

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Site internet : joliescreationsdechristine.blogspot.com


Sabina Nougarède : mode sans frontière

Sabina NougarèdeÀ 14 ans, Sabina Nougarède a annoncé à ses parents qu’elle voulait devenir styliste et créatrice de mode. « Ils m’ont répondu : "Tu n’as aucune interdiction, mais fais-le bien" », se souvient-elle. C’est pour cela qu’elle a appelé sa marque de prêt-à-porter et de bijoux Interdiction. Elle conçoit ses collections au sein de son atelier situé à Antony. La dernière, nommée « Joie et simplicité », regorge de couleurs et de matières comme le wax, le coton, la soie, le lin-coton. « Quand vous portez des vêtements de couleur, vous communiquez autre chose au monde extérieur. Vous vous rechargez aussi en énergie, c’est une forme de thérapie », analyse-t-elle. Pour réaliser ses pièces, Sabina Nougarède met à profit sa formation aux métiers de la mode. Elle puise aussi dans son histoire personnelle. Son papa, né au Cambodge, l’a ouverte sur le monde et lui a donné le goût des voyages en Afrique, Asie, Amérique et Europe. Elle a également arpenté les aéroports lors de sa carrière de styliste pour une marque franco-asiatique de prêt-à-porter. Chargée de dessiner les collections, elle a effectué 44 séjours en une dizaine d’années en Chine. Elle y participait à des salons ou recherchait des matières. Parallèlement, elle avait déjà créé Interdiction il y a dix ans. « J’étais tellement sollicitée par mon employeur que je n’arrivais pas à me pencher sur mes propres projets », explique-t-elle. La maternité l’a convaincue de se lancer en indépendante il y a un an. Elle entame ce nouveau départ en cherchant des boutiques où vendre ses pièces. Elle sera présente au Salon des créateurs les 21 et 22 décembre, chez Beauty Soul Pascal Coste les 7 et 14 décembre pour une séance de vente privée. Une expo-vente aura probablement lieu en 2020 à la boutique Dock'd co de la rue de l'Église.

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Site internet : www.sabinanougarede.com


Stéphanie Soret : tissu vitaminé

Stéphanie SoretDans la pièce aménagée à l’étage de son domicile, les piles de tissus multicolores soigneusement pliés s’entassent sur une table. Elles voisinent avec une étagère débordant de livres sur les loisirs créatifs, des murs constellés de ses créations. Dans un coin, Stéphanie Soret a laissé des instants de répit à sa machine à coudre dernier cri. Cet objet est son instrument de travail. En 2016, elle a créé son autoentreprise baptisée Berlingots et Cie. Son credo : « fan de rose et de paillettes, je crée au gré de mes envies, mais aussi des vôtres. » Autodidacte, cette maman de deux enfants a délaissé son activité d’assistante commerciale pour se lancer. Elle propose une collection d’objets et accessoires colorés et féminins : pochettes, sacs, supports pour téléphone portable et tablette, coussins, trousses… Ses collections sont visibles sur sa page Facebook. « De la conception à la communication, je fais tout seule », explique-t-elle. Elle vend lors d'expositions, comme le Salon des créateurs, prévu les 21 et 22 décembre. Le bouche-à-oreille lui apporte aussi quelques commandes pour compléter les ventes de ses créations, comme à l'épicerie Day by Day. Elle donne également des cours de couture à l’Atelier 37.

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Facebook : facebook.com/berlingotsetcompagnie

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