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Histoire
Dernière modification le 31/01/2019

Pierre Vermeir, résistant antonien

Ce résistant a grandi à Antony et a été fusillé par les nazis à Saint-Ange-et-Torçay, en 1944. Sa mémoire a été honorée le 11 janvier, lors d’une cérémonie dans cette commune d’Eure-et-Loir. Voici son histoire.

Pierre VermeirNous sommes le 23 août 1943. Antony est occupée par les Allemands. Rue de l’Aunette, dans le quartier du Noyer-Doré, Pierre Vermeir fête ses 19 ans. L’anniversaire de ce fils de cordonnier est assombri par les circonstances : des centaines de milliers de jeunes Français sont réquisitionnés de force en Allemagne pour intégrer le Service du travail obligatoire. Sentant son tour arriver, Pierre Vermeir part se cacher à Maillebois, dans l’Eure-et-Loir, où son oncle possède une longère. Là-bas, il se lie d’amitié avec Jean Pasdeloup, membre d’un groupe de Résistance du maquis de Saulnières. Vers le milieu de l’été 1944, Pierre Vermeir rejoint ce réseau.

Planque et fuite

Son destin bascule le 11 août : en fin d’après-midi, deux groupes du maquis s’apprêtent à attaquer une compagnie SS de la 9e panzer Hohenstauffen à Neuville-les-Bois. Un troisième est caché dans un grenier de Boutaincourt. Pierre Vermeir et Jean Pasdeloup ont trouvé refuge dans cette « planque », lorsque des sentinelles allemandes se posent au carrefour devant eux. Jean Pasdeloup propose alors à son chef de fuir discrètement « deux par deux », vers les champs environnants en abandonnant leurs armes. Une quinzaine de maquisards sortent ainsi indemnes. Jean Pasdeloup et Pierre Vermeir partent les derniers à travers les blés. Ils arrivent à l’entrée du village de Saulnières lorsqu’une moto allemande surgit. Deux soldats se jettent sur eux. Jean Pasdeloup arrive à se dégager de son assaillant et à fuir, mais Pierre Vermeir est pris. Le rescapé ira se cacher et apprendra plus tard l’attaque de Neuville-les-Bois, le soir même. Les Allemands sont à l’agonie et la Libération intervient le 15 août. C’est le moment des découvertes macabres.

Mains sur la tête

Un corps est retrouvé sur un chemin proche d’un bois à Saint-Ange-et-Torçay. Jean Pasdeloup est appelé sur place et identifie Pierre Vermeir grâce à ses vêtements, son corps étant devenu méconnaissable à cause de la torture. Deux jours après son arrestation, il a été, selon les témoignages des villageois, exhibé sur la place du monument aux morts, à genoux et mains sur sa tête ensanglantée. Le nom du Résistant ne figure sur aucune stèle d’Eure-et-Loir. À Antony, la rue de l’Aunette devient la rue Pierre-Vermeir. Albert Hude, président du Centre d’études et de documentation sur la Résistance en Eure-et-Loir, a mis au jour cette histoire après un an de recherches.

En dates

7 ou 18 août 1944

Le corps de Pierre Vermeir est retrouvé à Saint-Ange-et-Torçay

22 août 1944

Inhumation dans le caveau familial de Dreux, comportant la mention « Mort pour la France »

30 mars 1945

La rue de l’Aunette est renommée Pierre-Vermeir par décision du Conseil municipal d’Antony