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Dernière modification le 27/11/2017

Vieux métiers : peaux de lapin, pô, pô de lapin !

Jusqu’au début des années 1970, à Antony comme dans de nombreuses bourgades des alentours, le marchand de peaux de lapin faisait partie du quotidien. Les fermiers lui vendaient leurs peaux contre quelques francs. Les plus belles pièces étaient écoulées en hiver.
 

Pour prévenir de son passage, le marchand de peaux de lapin soufflait dans une corne et criait d’une voix tonitruante : « Peaux de lapin, pô, pô, pô de lapin… » À Antony, deux fois par semaine, on le voyait arriver de loin par la Nationale 20, avec sa carriole attelée à un poney. Les habitants l’attendaient de pied ferme pour lui vendre leurs peaux contre quelques sous. Si ce métier a cessé dans les années 70, il était très répandu après guerre. Et pas uniquement à la campagne. Dans de multiples bourgades, y compris proches de Paris, des fermiers élevaient pour leur consommation personnelle des poules, coqs, canards, oies, pintades, pigeons, cailles, etc. Les supermarchés n’existaient pas encore. Le dimanche, on cuisinait souvent un lapin. Avant de terminer dans une assiette, l’animal était dépecé et sa peau soigneusement retirée puis séchée dans une grange ou un atelier. Celle-ci était généralement suspendue à une fourche pour qu’elle se détende et soit plus grande. Les meilleures pièces, issues de sujets de huit à neuf mois, étaient récupérées en décembre et en janvier. La fourrure, plus épaisse et douce à cette période de l’année, ne comportait pas de taches noires car la mue était alors terminée. Le marchand de peaux de lapin les achetait en fonction de la beauté du poil, de leur nombre et après négociation. Des villageois lui vendaient aussi des peaux de chèvre, de mouton et même de taupe.

Les séniors antoniens racontent les commerces et métiers anciens. Cliquez ici pour consulter d'autres témoignages !
 

De jolis vêtements pour l’hiver

Ce marchand ambulant revendait ensuite son butin à des grossistes, tanneurs, manufacturiers pour qu’ils en fassent des vestes, manteaux, bonnets, chapeaux, chaussons. Les mauvaises peaux servaient à la fabrication de colles, agglutinants ou engrais. Certains commerçants diversifiaient leur activité en faisant également le négoce de vieux papiers, de chiffons et de ferraille : on les appelait familièrement des loquetiers. Dans L’Écho du terroir, le bulletin de l’Atelier-Musée du pays d’Antony, Jean Verneau évoque le dernier marchand de peaux de lapin dans notre commune : un jeune homme, habillé pauvrement, qui conseilla à sa mère de troquer ses lapins à fourrure grise contre des lapins à fourrure blanche, beaucoup plus recherchée. Au volant de sa vieille camionnette, il sillonnait les rues antoniennes à la recherche de bonnes affaires. Jean Verneau se souvient des paroles de ce marchand lorsqu’il fit ses adieux à son père : « Tu sais, Pépère, c’est la dernière fois que tu me vois. Ici, c’est foutu. J’ai une maison en Bretagne. Je pars. Là-bas, il y a encore un peu de boulot. J’espère jusqu’à la retraite. » C’est ainsi que ce métier disparut du paysage quotidien.

XIXe siècle

La peau de lapin détrône la peau de castor dans la fabrication des chapeaux. Cette industrie devient rapidement très prospère.

1847

Les couperies de poils, usines où l’on séparait peaux et poils, se développent à pas de géant. Des brocanteurs et chiffonniers sont sollicités pour récupérer des peaux de lapin et de lièvre. La France occupe la première place dans le commerce de peaux de lapin tant par le nombre de pièces récoltées que par leur qualité.

1970

Ce métier disparaît peu à peu.

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