Les charlatans de Belcastel

Dernière modification le 20/03/2019

Les charlatans de Belcastel est de un jeu de Wolfgang Warsch (The mind, Très futé, Illusions) édité chez Schmidt et illustré par Dennis Lohausen (Projet Gaia, Terra Mystica, Luxor).

Les charlatans de BelcastelCe jeu est intimement lié au Spiel des Jahres 2018 puisqu’il a remporté la compétition dans la catégorie des jeux experts. C’était l’un des trois jeux en lice de Wolfgang Warsch pour les prix du Spiel :

  • Les charlatans de Belcastel et Très futé étaient en lice pour le jeu expert.
  • The mind était en lice pour le jeu de l’année (il a obtenu l’as d’or au Festival International de Cannes en février 2019).

Si je me pose la question de la pertinence du placement des Charlatans dans la catégorie Expert, je trouve la mise en avant de ce jeu une réussite totale.

Le matériel des Charlatans de BelcastelDans Les charlatans de Belcastel, chaque joueur incarne des alchimistes lors de la foire à la potion. Escrocs, ils réalisent des potions aux propriétés exceptionnelles avec des ingrédients farfelus. Mais tout est une question de dosage car une potion trop « cotonnée » explosera et deviendra ainsi invendable. Il faudra prendre des risques pour remplir son chaudron, mais s’arrêter à temps pour ne pas exploser sous les vivas de la foule et les ricanements des charlatans concurrents.

Concept du jeu

Les charlatans se trouvent au croisement de deux mécaniques de jeu :

  • Le « bag building ». Cette mécanique est héritière du « deck building » que l’on a déjà vu dans les coups de cœur dans Star realms, et cousine du « Dice crafting » de Dice forge. Dans le « bag building », les joueurs possèdent un sac (bag = sac en anglais) avec un set de jetons de base dedans. Ils piochent une série de jetons au hasard dedans en espérant piocher les plus intéressants. Dans cette optique, pendant la partie, les joueurs peuvent acheter de nouveaux jetons pour créer des stratégies et des synergies.
  • Le « stop ou encore ». Cette mécanique repose sur les risques que les joueurs vont prendre. Faut-il s’arrêter de jouer et empocher ses gains ou continuer au risque de tout perdre ? Grand dilemme !

Dans Les charlatans de Belcastel, les joueurs vont donc créer un set de jetons dans un sac et espérer tirer les bons et ne pas faire exploser leur chaudron en réunissant plus de 7 cotons.

Et ça marche !

L’expérience de jeu est très bonne.  Même si l’interaction directe entre les joueurs est assez faible (quelque majorités et petits bonus), les échanges entre les joueurs vous surprendront. Les cris de rage et de malédiction en sortant du sac « un coton 3 que j’avais seulement une chance sur 15 de piocher !!!!!! » sous les applaudissements hilares des autres joueurs. Avec des règles simples et un système de jeu instinctif, on se lance très rapidement pour une petite heure de rigolade. La partie est guidée par le hasard de la pioche mais on peut agir dessus par l’achat stratégique de nouveaux ingrédients. En acceptant cette part d’aléatoire inhérente au jeu, on passe un très bon moment : on sait ce qu’on ajoute, mais on ne sait pas ce qu’on va piocher. Tous les joueurs jouent en même temps. Cela apporte un dynamisme : on n’attend que très peu les autres joueurs. A la fin de la partie, l’envie de rejouer domine. Les différents grimoires de sorts proposent une forte rejouabilité. Une extension qui rajoutera un 5e joueur et des nouveaux pouvoirs arrivera prochainement.

Une mécanique maintient tous les joueurs dans la partie. Afin de venir en aide aux joueurs qui ont pris du retard de points, une assistance leur est proposée : il n’y a pas de double sanction pour les joueurs qui feraient exploser leur chaudron. Exploser à plusieurs manches n’est pas rédhibitoire (à l’exception de la fin de partie).

Le seul défaut de ce jeu est finalement la qualité du matériel et notamment des jetons à piocher qui sont très manipulés et qui s’usent assez vite.

Satisfaction garantie !

Arthur - Mars 2019