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Exposition
27.11.2020
Dernière modification le 25/11/2020

La Maison des Arts, chez vous : panier artistique du 27 novembre 2020

En couverture : Lucien Métivet, Cyrano de Bergerac, affiche de la tournée Moncharmont et Luguet, 1898, encre sur papier

Pendant ce nouveau confinement, la Maison des Arts est fermée au public, mais garde le lien. Tous les vendredis, un nouveau "panier artistique" à découvrir en famille vous sera proposé.
 

Photographie de la Maison des ArtsPour ces nouveaux paniers, vous retrouverez des conseils de livres, de documentaires et de films en lien avec les arts pour les plus grands, une idée de dessin animé, la lecture d’un album jeunesse et un tuto de loisirs créatifs pour les plus jeunes, ainsi qu’un focus sur l’exposition "Cyrano de Bergerac dans les arts" actuellement présentée à la Maison des Arts jusqu’au 3 janvier 2021.

Très prochainement, la Maison des Arts proposera également une visite guidée virtuelle de l’exposition et des conférences en ligne. N’hésitez pas à solliciter l'équipe pour toute envie particulière, nous essaierons dans la mesure du possible d’y répondre.


Une semaine un focus sur l’exposition en cours "Cyrano de Bergerac dans les arts"

Les premières représentations de la pièce

Souvenez-vous, dans les paniers des semaines précédentes, nous avons vu qu’Edmond Rostand a écrit Cyrano de Bergerac en 1896-1897 et que la pièce a immédiatement connu le succès. Voyons aujourd’hui en détails le pourquoi du comment !

   Billet d&aposentrée      Costume    Médaille Coquelin

Crédits des visuels :
  • En haut, de gauche à droite :
    • Billet d’entrée de la répétition générale de Cyrano de Bergerac à la Porte Saint-Martin le 27 décembre 1897, 1897, encre sur papier, 13,5 x 21,5 cm © Villa Arnaga - Musée Edmond Rostand, n° inv. 1964.2.04
    • Costume de Cyrano de Bergerac porté par Constant Coquelin lors de la première représentation de la pièce en 1897, 1897, chapeau en feutre à plumes, fraise, pourpoint en cuir, culotte en soie et velours, bottes et éperons, dimensions variées © MNA Taylor - Musée des Artistes
    • Anonyme, Médaille : Constant Coquelin en Cyrano, 1897, bronze, D. 5,5 cm © Bibliothèque-Musée de la Comédie Française, n° inv. MED 0008
  • À droite :
    • Edmond Rostand, Sonnet à Sarah Bernhardt, 20 février 1910, encre noire sur papier, 43 x 33 cm © Collection Kathia David et Thomas Sertillanges
    • Lucien Métivet, Tournée Moncharmont et Luguet, 1898, affiche entoilée, 320 x 80 cm © Collection Kathia David et Thomas Sertillanges

La première représentation de Cyrano de Bergerac a lieu le 28 décembre 1897, au Théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris. Constant Coquelin aîné incarne Cyrano (le rôle a été écrit pour lui, si vous vous souvenez bien), Maurice Volny Christian de Neuvillette et Marie Legault Roxane. Face au triomphe unanime qu’elle connaît, la pièce est jouée plus de quatre cents fois au Théâtre de la Porte Saint-Martin en quinze mois avec un seul jour de relâche, mais aussi au théâtre de la Gaîté dont Coquelin a pris la direction, de 1904 à 1907 ! La millième est donnée en 1913, avec Charles le Bargy dans le rôle-titre, Coquelin étant décédé en 1909.
 

On retrouve dans la distribution deux des plus grands comédiens du temps dans les rôles titres : Constant Coquelin aîné et Sarah Bernhardt, qui incarne Roxane lors de la tournée américaine de 1900 puis dans son théâtre en 1901.
 

Sonnet à Sarah BernhardtSarah Bernhardt (1844-1923) est sans doute l’actrice française la plus célèbre du XIXe siècle et du début du XXe siècle, surnommée "la voix d’or", "la divine", "l’impératrice" par Victor Hugo et "le monstre sacré" par Jean Cocteau. Elle est aussi la première star internationale, cultivant son image marketing. Après le Conservatoire de Paris, elle entre à la Comédie Française, qu’elle quitte de manière fracassante en 1880. Elle crée alors sa propre compagnie et joue avec elle jusqu’en 1917. Elle dirige à plusieurs reprises des théâtres parisiens. Amputée en 1915 à soixante-dix ans, elle s’investit durant la Première guerre mondiale pour redonner le moral aux Poilus. Edmond Rostand n’a eu de cesse de composer des rôles à la démesure de son personnage.
 

Après des études au Conservatoire de Paris, Constant Coquelin (1841-1909) débute à la Comédie Française en 1860 dans des rôles de valets du répertoire classique. Devenu sociétaire en 1864, il commence à jouer les textes d’auteurs contemporains. Sarah Bernhardt lui présente Edmond Rostand  en 1895 et les deux hommes se lient d’amitié. Il prend en 1896 la direction du théâtre de la Porte Saint-Martin, qui connaît le succès grâce à Cyrano de Bergerac qu’Edmond Rostand lui dédie : "C’est à l’âme de Cyrano que je voulais dédier ce poème. Mais puisqu’elle a passé en vous, Coquelin, c’est à vous que je le dédie". Par la suite, l’auteur écrira les rôles de Flambeau et de Chantecler pour lui.
 

Dès le printemps 1898, Cyrano de Bergerac est montré à travers la France grâce aux tournées Moncharmont-Luguet. On estime que lors de la millième à Paris en 1913, les tournées ont donné environ deux mille représentations ! À Marseille, la pièce est jouée dès le 18 mars ; il y en aura quarante-cinq au total. Traduit dans une vingtaine de langues dès 1898, Cyrano de Bergerac part ensuite en Suisse, en Belgique, au Brésil, mais aussi à Londres, à New-York, à Saint-Pétersbourg, à Berlin. Un tel triomphe pour une pièce de théâtre est inédit et suscite alors un déferlement médiatique et des analyses critiques cherchant les raisons de ce succès. Bien sûr la limpidité de l’intrigue, l’écriture d’Edmond Rostand et la personnalité même de Cyrano l’expliquent. Au-delà, en France, la pièce arrive à un moment de lassitude face au théâtre d’avant-garde représenté entre autres par Henrik Ibsen et alors que les plaies de la défaite de 1870 contre la Prusse sont toujours ouvertes.
 

Lucien Métivet, Cyrano de Bergerac, affiche de la tournée Moncharmont et Luguet, 1898, encre sur papier La pièce d’Edmond Rostand naît à la Belle Époque, une période de profondes transformations économiques et technologiques. L’étude de la médiatisation des premières représentations de Cyrano de Bergerac témoigne de ces changements : essor de la presse écrite, des affiches et de la carte postale, apparition et développement de la photographie, etc. Grâce à ces supports, l’iconographie cyranesque se canonise et s’internationalise : Cyrano est la plupart du temps représenté seul, en pied en costume de mousquetaire, son nez improbable mis en exergue, son chapeau empanaché sur la tête ou à la main et l’épée dégainée. Les séries de cartes postales racontent souvent l’histoire de la pièce de manière linéaire grâce à des tableaux imagés et légendés ; elles attestent de l’engouement populaire pour l’œuvre d’Edmond Rostand. L’époque est aussi une période de renouveau pour le théâtre, qui voit notamment la naissance de la mise en scène telle qu’on la conçoit de nos jours. Au-delà de ses qualités littéraires, Cyrano de Bergerac apparaît ainsi comme un réel marqueur de son temps.

À noter : quand vous viendrez voir l’exposition "pour de vrai", ne manquez pas le costume de Cyrano que Coquelin a porté dès la première représentation, aujourd’hui conservé par la Mutuelle nationale des Artistes ! L’état d’usure de ce costume originel témoigne de son ancienneté et des nombreuses représentations de la pièce. C’est une pièce des plus émouvantes.
 

La semaine prochaine : les adaptations de Cyrano de Bergerac dans les arts vivants


Une semaine, un film sur l'art

RenoirRenoir
de Gilles Bourdos
2012
1h53
avec Michel Bouquet, Christa Theret et Vincent Rottiers

Synopsis

1915. Sur la Côte d’Azur. Au crépuscule de sa vie, Auguste Renoir est éprouvé par la perte de son épouse, les douleurs du grand âge, et les mauvaises nouvelles venues du front : son fils Jean est blessé… Mais une jeune fille, Andrée, apparue dans sa vie comme un miracle, va insuffler au vieil homme une énergie qu’il n’attendait plus. Éclatante de vitalité, rayonnante de beauté, Andrée sera le dernier modèle du peintre, sa source de jouvence.

Lorsque Jean, revenu blessé de la guerre, vient passer sa convalescence dans la maison familiale, il découvre à son tour, fasciné, celle qui est devenue l’astre roux de la galaxie Renoir. Et dans cet éden méditerranéen, Jean, malgré l’opposition ronchonne du vieux peintre, va aimer celle qui, animée par une volonté désordonnée, insaisissable, fera de lui, jeune officier velléitaire et bancal, un apprenti cinéaste…


Une semaine, un dessin animé sur l'art

Ernest et CélestineErnest et Célestine
de Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier, d’après Gabrielle Vincent
2012
1h21

Synopsis

Dans le monde conventionnel des ours, il est mal vu de se lier d’amitié avec une souris. Et pourtant, Ernest, gros ours marginal, clown et musicien, va accueillir chez lui la petite Célestine, une orpheline qui a fui le monde souterrain des rongeurs. Ces deux solitaires vont se soutenir et se réconforter, et bousculer ainsi l’ordre établi.


Une semaine, un documentaire sur l'art

A la recherche de Vivian MaierÀ la recherche de Vivian Maier
de John Maloof  et Charlie Siskel
2013
1h

Synopsis :

L’incroyable histoire d’une mystérieuse inconnue, photographe reconnue aujourd’hui comme l’une des plus grandes Street Photographers du XXe siècle. Née à New York, d’une mère française, avant de résider à Chicago, Vivian Maier était inséparable de son Rolleiflex et prit tout au long de son existence plus de 100 000 photographies sans jamais les montrer. Pour être libre d’exercer son art quand elle le voulait, Vivian Maier fut une nanny excentrique toute sa vie. Cachées dans un garde-meuble, c’est par hasard que John Maloof mit la main sur les photos de Vivian Maier en 2007. Depuis, il n’a cessé de chercher à mettre en lumière son travail et les expositions se multiplient partout dans le monde.


Une semaine, des livres sur l'art autour d'un thème

Thème de la semaine : la Renaissance

La passion LippiSophie Chauveau, La passion Lippi, 2004 Paris, Gallimard (premier tome de la trilogie consacrée à la Florence des Médicis)

Florence 1414. Un enfant hirsute, aux pieds couverts de corne, griffonne furieusement une fresque remarquable à même le sol d'une ruelle des bas-fonds de la ville. Miraculeusement repéré par Cosme de Médicis et placé au couvent des Carmes, il va faire souffler un vent de passion sur la peinture de la Renaissance. Moine et libertin, artiste intransigeant et manipulateur sans scrupules, futur maître de Botticelli, ses sublimes madones bouleversent son époque. Elles lui sont pourtant très intimement inspirées par les filles des maisons de plaisir de Florence qui en ont fait leur petit prince caché. Bravant tous les interdits et jusqu'à l'autorité suprême du Pape, il commet par amour l'ultime provocation. Le scandale le pousse à l'exil et le renvoie au secret sanglant enfoui au cœur de son enfance. Peintre voyou, ange ivre, fra Filippo Lippi invente un rapport nouveau entre l'art et le monde de l'argent et, le premier, fait passer les peintres du statut d'artisans estimés à celui d'artistes reconnus.
On a volé la Joconde
 

Jérôme Coignard, On a volé la Joconde, 1990, Adam Biro (édition numérique)

Récit de l'enquête menée sur le vol de tableau le plus spectaculaire du siècle, celui de la Joconde, le 22 août 1911, au musée du Louvre.
 

Ian Pears, L’affaire Raphaël, 1990, Paris, 10/18 (première enquête policière d’une série de six dans le monde de l’art)

L&aposaffaire RaphaëlUn authentique Raphaël serait camouflé sous une mauvaise toile, exposée dans une obscure église romaine… Alors que l'Anglais Jonathan Argyll s'apprête à annoncer sa découverte, le tableau disparaît… puis réapparaît à Londres, où, à la barbe des richissimes amateurs du monde entier, le gouvernement italien le rachète à prix d'or. Un coup d'éclat propre à redorer le blason du pays ? Ou une formidable escroquerie ? C'est ce que soupçonne le policier italien Taddeo Bottando. Aidé par Flavia, sa jolie adjointe, et par Argyll, il plonge au cœur d'un labyrinthe d'intrigues où amour de l'art, rivalités politiques et intérêts financiers s'entremêlent…
 

Gilbert Sinoué, L’enfant de Bruges, 1999, Paris, Gallimard

L&aposenfant de BrugesBruges, 1441. Arborant un air mystérieux, l'index posé sur les lèvres, Jan Van Eyck avait chuchoté : "Petit, il faut savoir se taire, surtout si l'on sait". Qui pouvait se douter alors que, derrière la recommandation du maître flamand, l'un des plus grands peintres de l'histoire de l'art, se cachait le Grand Secret ?

À travers les brumes de Flandre et la luminosité éclatante de la Toscane, un enfant de treize ans va se retrouver confronté à une effroyable conspiration. Un monde occulte, empli de ténèbres qu'il lui faudra affronter avec l'innocence pour toute arme. Pourquoi veut-on sa mort ? Que sait-il qu'il n'aurait jamais dû connaître ? Pour quelle raison des peintres de génie, des apprentis, des orfèvres, des penseurs, des architectes sont-ils la cible de meurtriers invisibles ? Quels sont les liens mystérieux qui les relient entre eux et les poussent insensiblement au bord de l'abîme ? Autant de questions auxquelles l'enfant de Bruges devra s'efforcer de répondre s'il ne veut pas disparaître à son tour dans la nuit.


Une semaine, un album jeunesse sur l'art

Paul Klee


Le chat et l&aposoiseauLe chat et l’oiseau
de Géraldine Elschner et Peggy Nille
2011
Éditions Élan vert, collection Pont des arts

Cet album est inspiré du tableau éponyme de l’artiste Paul Klee (1879-1940), peint en 1928 et conservé au Museum of modern Art de New-York (États-Unis).


Une semaine, des nouvelles des artistes passés à la Maison des Arts

Laurence MousselLaurence Moussel, dont nous avions montré des œuvres à la Biennale de 2005, vous invite à des portes ouvertes de Noël virtuelles durant tous les mois de novembre et décembre 2020 !

Le mot de l’artiste :

"Entrez dans ma galerie pour découvrir mon univers, les nouveautés, des petits dessins, des idées de cadeaux, ou des plus grands, des peintures, des fusains, pour vos amis, votre famille, ou juste pour vous ! Si vous avez un coup de cœur, je peux me déplacer vers chez vous ou ailleurs pour vous montrer un ou plusieurs tableaux (ou dessin) en vrai, mini-expo dans la rue, sans aucune obligation évidemment. Je peux aussi envoyer par la poste. Bonne balade !"

Rendez-vous ici !


Affiche de l&aposexposition "L&aposimaginaire, une porte entre deux mondes"Une semaine, un tutoriel de loisirs créatifs en lien avec les expositions passées

L’imaginaire, une porte entre deux mondes

Hugues Gillet, Jean-Pierre Monnot, Yves Thomas et Gérard Willemenot

Du 19 avril au 3 juin 2017

Cette semaine, réalisez en famille des créatures chimériques !

Retrouvez le tutoriel ici :