Koryo

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Koryö a été créé en 2013 par Gary Kim. Cet auteur coréen a également créé récemment en 2015 Abracada quoi ?, un jeu de déduction plutôt sympathique où l’on lance des boules de feu sur ses voisins. Les illustrations des cartes ont été signées par Stéphane Gantiez (The Island, Lord of Xidit) et Ian Parovel (Deus, Gosu). Le jeu est paru chez l’éditeur Moonster qui se distingue par un catalogue très varié qui va de Koryö à Streams, en se distinguant avec Minivilles, et qui sera sous les projecteurs à la fin du mois avec Ryu, le jeu où l’on construit son dragon. Après avoir eu l’occasion de jouer à plusieurs jeux de Moonster, j’ai plutôt été séduit par la plupart d’entre eux et particulièrement Koyö.  

Dans Koryö, chaque joueur va essayer de créer un gouvernement dans un univers décrit par l’éditeur comme « politico-steampunk ». Il existe dans le jeu 9 grandes familles aux influences et capacités différentes. Chacune est numérotée de 1 à 9 et comprend autant de membres que son chiffre. Ainsi il y a 9 marchands (portant le chiffre 9), mais seulement 2 voleurs (portant le chiffre 2). Le joueur possédant le plus de représentants d’une famille à la fin de la partie marquera autant de points que le chiffre indiqué sur la carte : ainsi Zoé possédant 5 des 9 marchands gagnera 9 points tandis qu’Olivier avec ses deux marchands scorera 0.

La traque des majorités sera donc l’enjeu de la partie. Cet aspect est renforcé par le fait que chaque famille a un pouvoir. Moins une famille a de représentants, plus son pouvoir est puissant mais moins elle vaut de points en fin de partie. Les joueurs devront donc trouver un compromis entre scoring et capacité d’influencer la partie à travers les pouvoirs des familles.

Afin de faire évoluer les majorités, les joueurs pourront interagir entre eux avec les cartes Évènements (Barbare et Lobbying) afin de détruire des cartes adverses gênantes ou d’échanger des cartes entre joueurs. Attention toutefois à ces cartes, qui une fois jouées, gênent leur propriétaire dans son développement et lui font perdre des points.

Alors, on peut admettre que le tirage a un rôle assez important (notamment dans les derniers tours) et que le jeu peut être assez chaotique, cependant il reste très plaisant à mon goût. La représentation des pouvoirs de chaque famille sur les cartes n’est pas très instinctive, mais il n’y en a que 9 à retenir, vous aurez vite retenu les différentes capacités. Passé ce petit défaut, on découvre dans ce jeu très rapide (15min) assez de subtilité et de choix pour faire notre bonheur. Je recommande ce jeu à 3 ou 4 joueurs, car avec ce format, la lutte pour les majorités sera plus intéressante puisqu’il n’y aura définitivement pas assez de familles pour chaque joueur. Enfin, si Koryö vous a plu, sachez qu’il a depuis 2014 un petit « frère » : Choson. Ce dernier reprend la mécanique générale de son ainé, mais avec une gestion différente des évènements et des nouvelles familles.

Arthur - septembre 2015