Not alone

Dernière modification le 16/05/2017

Not alone est un jeu de Ghislain Masson illustré par Sébastien Caiveau édité chez Geek Attitude Games en 2016. Rapidement épuisé, il est ressorti en mars 2017 pour notre plus grand plaisir. L’auteur et l’illustrateur signent avec Not alone leur premier jeu. C’est une réussite.

Concept du jeu

Dans un futur très lointain, une expédition humaine organise un voyage sur une planète mystérieusement méconnue. À l’approche de la planète, le vaisseau connait des difficultés techniques et a juste le temps d’envoyer un SOS avant un atterrissage en catastrophe. Les joueurs vont devoir survivre jusqu’à l’arrivée des renforts. Cela serait simple si la planète n’était pas habitée… Prenez garde, vous n’êtes pas seuls !

Des camps aux objectifs différents

Not alone est un jeu asymétrique. D’un côté, nous avons la créature qui réside sur la planète. Dérangée en plein repos, elle voit en cet équipage des ressources idéales d’énergie pour la planète et voudra l’assimiler. Le joueur qui l’incarne a pour but de traquer les survivants du crash pour les croquer.
De l’autre côté nous avons l’équipage composé de tous les autres joueurs. Leur objectif est de survivre jusqu’à l’arrivée des renforts en se tenant le plus loin possible de la créature. Si le vaisseau arrive, la survie et la victoire leurs sont acquises.

La planète est composée de 10 lieux dont seul 5 sont accessibles au début de la partie. Les joueurs vont pouvoir se rendre sur les différents lieux afin d’activer leurs pouvoirs. Cependant si la créature se déplace sur l’endroit où ils sont présents, ce lieu deviendra utilisable et l’assimilation totale de l’équipage se rapprochera. Chaque joueur possède un lot de cartes représentant les différents lieux et devra, à chaque tour, sélectionner en secret celui sur lequel il souhaite se déplacer. Puis la créature choisira son emplacement de chasse. Ensuite, lors de la révélation, on va pouvoir constater si l’instinct du chasseur a fonctionné. Les joueurs attrapés auront à en payer le prix. Les autres pourront renforcer l’équipe ou les chances de survie via les actions des lieux où ils sont.
Ce schéma sera répété jusqu’à la victoire d’un camp. Les actions des deux camps sont renforcées par des cartes (Survie ou Traque) puissantes.

Immergez vous pour ne pas vous faire assimiler!

Not alone s’est distingué selon moi sur plusieurs aspects. L’immersion dans le jeu est forte. Quand on joue la créature, la traque devient une mission sacrée et capitale : les joueurs ne doivent pas s’échapper !!! Du côté de l’équipage, on se sent poursuivi dans une atmosphère où l’on contrôle peu de choses. Le thème et l’aspect asymétrique de la mécanique renforcent l’ambiance tendue autour du jeu. D’un autre côté, chaque échappée à la créature entraine des célébrations de joie intenses. Les deux côtés sont agréables à jouer avec des contraintes différentes. J’ai une petite préférence à jouer les humains poursuivis. Le jeu est équilibré : les deux camps peuvent gagner, parfois dans un timing très serré.

Ce jeu est fédérateur. Les règles du jeu sont simples. Les tours sont fluides. Les cartes actions sont précises : la phase où peut être jouée chaque carte est précisée. Le thème futuriste de science-fiction qui peut parfois rebuter les non amateurs du genre n’est ici pas un obstacle. C’est un jeu de bluff, de double bluff, dans lequel il faut essayer de deviner les intentions des autres joueurs : Not alone est accessible à tous.

Le petit bémol que je mettrai en avant est l’absence de coopération. Dans ce type de scénario catastrophe, j’aime à croire qu’en se regroupant et en s’entraidant, nous serions plus fort. Ici, la coopération n’est pas de mise car la créature est à l’écoute : c’est chacun pour soi même si la victoire ou la défaite seront collectives. C’est pour moi un petit écart dans cet univers très fort.

Finalement Not alone se démarque pour son originalité dans de nombreux domaines : mécanique de déplacement, asymétrie, ambiance, thème… Sa simplicité et l’atmosphère dégagée le rapprochent plus des jeux d’ambiance que de stratégie complexe, mais le plaisir est au rendez-vous. Bien qu’il soit jouable dès deux joueurs, je recommande une table de 4 au minimum, pour avoir toute l’immersion et la passion du jeu.

Arthur - Avril 2017