Énergie, la Ville fait des économies

Les prix des énergies augmentent presque chaque année de manière soutenue. C’est pourquoi il est essentiel de consommer moins. La Ville s’est engagée dans cette voie, avec des résultats plus qu’encourageants. Elle a fait des choix judicieux dans la rénovation et la construction des bâtiments publics.

Antony fait figure de bon élève en matière d’économie d’énergie. La Ville a réduit sa consommation énergétique de l’ordre de 25 % entre 2008 et 2015. Un tour de force d’autant plus frappant que de nouveaux équipements de grande taille sont sortis de terre ou ont été agrandis durant cette période, comme l’espace Vasarely, la salle du Mont-Blanc, la médiathèque Arthur Rimbaud, le gymnase Pajeaud, le complexe sportif Éric Tabarly, la ludothèque et le cinéma Le Sélect. Cette baisse significative prend sa source en 2008, lorsque la Ville choisit d’accélérer les économies d’énergie. Un ingénieur thermicien est engagé, une délégation propre à ce sujet est confiée à Maryse Lemmet, conseillère municipale déléguée aux réseaux et à la maîtrise d'énergie. Antony décide de réaliser un diagnostic de performance énergétique (DPE) sur ses 28 équipements, qui représentaient à eux seuls 80 % de la consommation globale. Le but est d’évaluer leur consommation en énergie et leur taux d’émission de gaz à effet de serre. Cela a permis d’entreprendre des actions ciblées pour rendre ces lieux moins énergivores : remplacement des fenêtres, mise en place de chaudières à condensation, gestion plus rigoureuse du chauffage. En mairie et dans le centre technique municipal (CTM) par exemple, les réseaux nord-sud ont été dissociés et asservis à des sondes d'ambiance pour un réglage optimal.

Le cinéma Le Sélect utilise en partie un système de géothermie qui récupère la chaleur du sous-sol pour la redistribuer.
Le cinéma Le Sélect utilise en partie un système de géothermie qui récupère la chaleur du sous-sol pour la redistribuer.
 

Le cinéma Le Sélect et la ludothèque chauffés en partie grâce à la géothermie

La municipalité a aussi misé sur des technologies de pointe. Cela a été le cas lors de la construction du cinéma Le Sélect et de la ludothèque. Antony est une des rares communes du Sud parisien à avoir recours à la géothermie. Le principe consiste à capter l’énergie gratuite contenue naturellement sous terre pour la redistribuer. L’avantage, c’est qu’il s’agit d’une ressource inépuisable, renouvelable et non polluante. Huit sondes géothermiques ont été enfouies dans lesquelles circule de l’eau glycolée qui récupère l’énergie du sol. Cette dernière est envoyée dans une pompe à chaleur qui la transforme pour ensuite alimenter les réseaux secondaires. Ce système est réversible, il permet d’avoir chaud en hiver et d’obtenir de la fraîcheur en été. Il n’est jamais tombé en panne et quelques années suffisent pour le rentabiliser. Sont ainsi chauffés le hall du cinéma, les bureaux et la ludothèque de 650 m². Les horaires de mise en route du chauffage et la température sont programmés à distance pour chacune des salles grâce à une gestion centralisée. Sous les pieds des spectateurs se trouve aussi une cuve de rétention des eaux pluviales qui est utilisée pour nettoyer la place du Marché. Ces deux exemples témoignent de la volonté municipale de maîtriser ses dépenses en s’inscrivant dans une démarche éco-responsable.

Des investissements judicieux

Direction le Noyer-Doré. Le complexe sportif Éric Tabarly, qui a ouvert ses portes en 2011, est un bâtiment basse consommation (BBC). Sa consommation d’énergie pour le chauffage, le rafraîchissement, l’eau chaude et l’éclairage est réduite. Elle est comparable à celle du multi-accueil petite enfance La Comptine, bâtiment beaucoup plus petit. Dès sa construction, les parois ont été doublées et le toit végétalisé. Cette infrastructure de 4 517 m² bénéficie ainsi d’une excellente isolation. Des panneaux solaires thermiques et photovoltaïques ont aussi été installés permettant de produire de l’électricité et de l’eau chaude pour une partie du bâtiment. Ces investissements se sont avérés judicieux, surtout qu’il s’agit d’un lieu très fréquenté. Près de 1 000 sportifs s’y rendent chaque semaine, sans compter les scolaires et les jeunes de l’École municipale des sports. Dans ce même quartier, le réaménagement dès 2012 du groupe scolaire du Noyer-Doré mérite d’être mentionné. Toutes les menuiseries en maternelle, en élémentaire, dans le centre social, ainsi que dans les logements rattachés au groupe scolaire ont été changées. Des robinets thermostatiques, qui sondent la température ambiante et modulent le débit d’eau du
radiateur auquel ils sont raccordés, ont été mis en place. Aujourd’hui, toutes les écoles et les crèches en sont équipées. La sous-station de chauffage urbain a été rénovée. La Ville a opté pour des pompes à variation qui permettent de réguler à sa guise les débits d’eau. Elles génèrent une économie de l’ordre de 15 % sur l’année. Tous les bâtiments municipaux sont ainsi rénovés à tour de rôle dans un souci constant d’économie.

La sous-station de chauffage du groupe scolaire du Noyer-Doré a été rénovée entièrement avec des équipements plus modernes et performants.
La sous-station de chauffage du groupe scolaire du Noyer-Doré a été rénovée entièrement avec des équipements plus modernes et performants.

Un suivi régulier des consommations

Dès 2010, la Ville a élaboré des tableaux de bord qui détaillent par trimestre la consommation d’électricité, de chauffage urbain, de gaz et d’eau de chaque équipement. Ceux-ci sont analysés par les services et les élus. Ces outils permettent d’intervenir rapidement sur le programme de travaux en cours ou à venir, de corriger tel ou tel comportement. La consommation d’énergie dépend de la responsabilité de chacun. Les employés de la Ville sont régulièrement sensibilisés pour éviter le gâchis et adopter des gestes simples : éteindre la lumière en quittant une pièce ou le radiateur avant d’ouvrir la fenêtre, couper son
ordinateur lorsque l’on ne s’en sert pas… Si la Ville met tout en œuvre pour diminuer ses dépenses, elle compte aussi sur la vigilance des usagers des  bâtiments publics. Maîtriser l’énergie est l’affaire de tous !

Chiffres clés

  • 33 100 kWh d’électricité produits et réinjectés sur le réseau ErDF grâce aux panneaux photovoltaïques installés au gymnase Pierre de Coubertin.
  • 700 robinets thermostatiques
  • 90 % des feux tricolores et plaques de rue équipés d’ampoules LED
  • 70 bâtiments équipés d’une pompe à variation de débit
  • 70 radiateurs à chaleur douce

2 questions à… Maryse Lemmet, Conseillère municipale déléguée aux réseaux et à la maîtrise de l’énergie.

Ces économies de consommation se traduisent-elles sur le budget ?

Maryse LemmetHélas, les économies sur le budget ne sont pas à la hauteur de celles sur la consommation, car les prix ont augmenté durant cette période (+ 25,77 %). Pour se prémunir de cette hausse, la Ville adhère depuis dix ans aux groupements de commandes organisés par les syndicats intercommunaux pour le gaz et l’électricité en Île-de-France (SIGEIF) et de la périphérie de Paris pour les énergies et les réseaux de communication (Sipperec) et bénéficie ainsi de tarifs avantageux. Par exemple, Antony achète son gaz environ 20 % moins cher que les prix non négociés. La démarche d’économie d’énergie est donc plus que justifiée. Si nous n’avions rien fait, notre budget en pâtirait grandement. Et puis l’énergie n’est pas qu’une question d’argent. L’enjeu est autant économique qu’écologique, il touche à la préservation de notre environnement.

Comment se présente l’avenir, notamment pour les futurs quartiers Jean Zay et Antonypole ?

Nous continuerons dans notre démarche de chasse au gaspi, sachant que sur le bâti existant les principales sources d’économie ont été mises en place. Néanmoins, nous restons vigilants. La Ville a un savoir-faire dans la production d’énergie renouvelable et la gestion à distance des consommations et, le cas échéant, des productions. Ce sont les bases pour la mise en place d’un smart grid (réseau intelligent). Ce que nous savons faire pour un bâtiment, nous essaierons de le transposer à l’échelle d’un quartier. Nous sommes attentifs aux expériences innovantes réussies dans ce domaine et nous les mettons en oeuvre lorsqu’elles sont éprouvées du point de vue tant technique qu’économique. Notre ambition est de faire d’Antony une ville à la pointe en matière de maîtrise d’énergie efficace.