Schéma directeur de la région Île-de-France

Le Conseil régional a approuvé le projet de schéma directeur de la région Île-de-France, dit SDRIF 2013/2030, qui vise à simplifier l’aménagement urbain de la région pour les 15 prochaines années. Une enquête publique a eu lieu du 28 mars au 14 mai 2013. Les orientations du SDRIF sont de nature à fortement impacter la commune d’Antony, qui prend position contre ce projet. Un sujet clé pour l’avenir de la ville.

Le SDRIF, c’est quoi ?

Selon le code de l’urbanisme, le Schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF) a pour objectif de maîtriser la croissance urbaine et démographique et l’utilisation de l’espace tout en garantissant le rayonnement international de cette région. Autrement dit, c’est un document d’aménagement urbain du territoire francilien à moyen terme, qui fixe les directives et s’impose aux communes et départements. Il précise les moyens à mettre en œuvre pour corriger les disparités spatiales, sociales et économiques, coordonner l’offre de déplacement et préserver les zones rurales et naturelles afin d’assurer les conditions d’un développement durable de la région. Le SDRIF détermine la localisation des moyens de transport, des équipements, des mesures de protection de l’environnement, etc.

Que dit le SDRIF 2013/2030 ?

Le SDRIF 2013-2030 a été adopté par la région le 25 octobre dernier. Globalement, Il a pour objectif clé la densification du cœur des villes, expliquant que d’ici 2030, 90% des Franciliens habiteront dans un rayon de deux km autour d’une gare, que la population va fortement augmenter (13,5 millions en 2030 contre 11,6 aujourd’hui). Il fait état de nombreux objectifs quantitatifs en termes de logements ou moyens de transports créés. L’objectif de logements créés annuellement est ainsi porté à 70 000 contre 60 000 dans le précédent SDRIF adopté en 2008. Les objectifs assignés au département des Hauts-de-Seine conduisent à multiplier par deux le nombre de logements neufs à construire. Dans les communes, le SDRIF demande une augmentation de 15% de la densité humaine à proximité des gares d’ici 2030, et de 15% des espaces bâtis, ce qui induit une densification des habitats. Pour les « espaces urbanisés à optimiser », l’augmentation sera de 10%. Il impose la construction de 30% de logements sociaux pour obtenir les subventions de la Région.

Quelles conséquences pour Antony ?

La commune est située pour l’essentiel en « quartier à densifier à proximité d’une gare », à l’exception des secteurs au-delà de la coulée verte, en limite de Chatenay-Malabry et Verrières-le-Buisson, qui sont définis comme des « espaces urbanisés à optimiser ». Au vu du SDRIF, la densification de la ville est donc programmée : + 15% du nombre de logements et de la superficie des espaces dédiés à l’habitat à l’horizon 2030. Pour réaliser cette densification, la Ville devrait via son Plan local d’urbanisme (PLU) focaliser l’augmentation des droits à construire autour des gares du RER et notamment des secteurs potentiellement desservis par plusieurs gares (centre-ville, Croix-de-Berny). Les hauteurs admises de construction devraient être augmentées, les règles d’emprises assouplies avec réduction des espaces verts des parcelles.
Cinq « secteurs à fort potentiel de densification » sont aussi ciblés par le SDRIF : La Fontaine et Sanofi Aventis, La Croix-de-Berny et les terrains de l’US Métro, Jean Zay et la résidence universitaire d’Antony, Le domaine de Tourvoie, Antonypole autour de la gare du Grand Paris Express. La densification de ces cinq pôles n’est pas précisée dans le projet du SDRIF. Enfin, autre conséquence majeure : un réseau de transport en commun (type tramway) est projeté sur la RD920, sur l’ensemble du tronçon traversant Antony. Compte tenu de la largeur actuelle de l’espace public, cela conduirait à la suppression d’une voie de circulation dans chaque sens. Au vu de ces éléments, la Ville a émis un avis défavorable à l’avant-projet de SDRIF, tout comme le Conseil départemental des Hauts-de-Seine le 25 janvier 2013.

Quelle est la suite des événements ?

Une enquête publique a eu lieu dans 28 communes d’Île de France. En raison de son importance démographique et de son bassin d’emplois, Antony a été choisie comme lieu d’enquête. Ensuite, un comité de pilotage débattra des ajustements apportés à l’avant-projet suite à l’enquête publique. Le projet sera ensuite adopté par le Conseil régional, avant d’être soumis au Conseil d’État, puis à une approbation par décret avant la fin de l’année. Compte-tenu des règles de compatibilité entre le SDRIF et le PLU, la ville d’Antony disposera d’un délai de trois ans à compter de l’applicabilité du SDRIF pour modifier les dispositions de son PLU qui n’apparaissent pas compatibles avec les objectifs de densification inscrits dans le document régional.

Informez-vous !

L’ensemble des documents du SDRIF 2013/2030 sont consultables sur www.enquetespubliques.iledefrance.fr.