Ville d'Antony

Massy-Valenton Agrandir la taille du texte Réduire la taille du texte



Le 18 novembre 2015, la commission d’enquête a rendu son rapport sur le projet Massy-Valenton. Elle émet un avis favorable, estimant que cette opération présente un caractère d’intérêt public incontestable, avec toutefois quatre réserves. La Ville reste contre ce projet : elle a
voté, en juin 2013, un avis demandant son abandon, ainsi qu’une motion en mars 2015 réitérant cette demande. La Ville continuera de faire valoir sa position.


Le projet d'Interconnexion Sud

Adopté dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, le projet d’Interconnexion Sud des lignes à grande vitesse a fait l’objet d’un débat public de décembre 2010 à mai 2011 au cours duquel l’opération a été présentée comme devant être mise en service à partir de 2020 et au plus tard en 2025. À la suite de ce débat public, Réseau Ferré de France a retenu en septembre 2011 le scénario C, celui d’une liaison totalement souterraine entre Massy et la ligne TGV Paris-Lyon au niveau de Lieusaint. La Ville d’Antony a participé au débat public en déposant un cahier d’acteur, dans lequel elle a apporté son soutien au projet à condition que l’entrée du tunnel soit réalisée dès la gare de Massy-TGV et non à proximité de celle de Massy-Verrières, en raison des nuisances que cette entrée apporterait au quartier du Noyer Doré.

Le nouveau projet Massy Valenton de RFF

En parallèle, SNCF Réseau (ex-RFF) a élaboré un nouveau projet Massy Valenton, visant à assurer la fluidité d’un trafic TGV croissant, en attendant la réalisation de l’Interconnexion Sud. Ce nouveau projet, à la différence du précédent, qui avait été présenté en 2003, n’élargit pas la plateforme ferroviaire sur la rue des Chênes et prévoit des protections acoustiques le long des voies afin de réduire les nuisances pour les riverains de l’ensemble de la ligne dans la traversée d’Antony. Ce projet a été soumis à la concertation préalable par SNCF Réseau (ex-RFF), l’objet de cette concertation étant essentiellement de définir précisément, secteur par secteur, les protections acoustiques les plus appropriées - murs antibruit, travaux sur les voies, protections des façades –, en accord avec les riverains. Ce nouveau projet a été élaboré et présenté à la concertation en tant que moyen d’accroître provisoirement le trafic ferroviaire sur la ligne du RER C dans l’attente de la mise en service de la future ligne souterraine. C’est ainsi que le projet a été présenté au Comité de Suivi du 2 octobre 2012, au cours duquel SNCF Réseau (ex-RFF) et Madame la Garante de la concertation ont acté que si le projet d’Interconnexion Sud devait être annulé ou reporté au-delà de 2025, le nouveau projet Massy-Valenton devrait être reconsidéré.

Une enquête publique, malgré le report de l'Interconnexion Sud

En juillet 2013, s'appuyant sur le rapport de la Commission Mobilité 21, le gouvernement a décidé de reporter la construction de la ligne d’interconnexion Sud au-delà de 2030. Il abandonnerait la construction de nouvelles lignes à grande vitesse pour se concentrer sur l’entretien et la modernisation des lignes existantes. Estimant que le nombre de rames TGV d’interconnexion n’aurait donc plus de raisons d’augmenter, la Ville a demandé l’abandon du projet Massy-Valenton en votant un avis en juillet 2013. Malgré cela, le gouvernement et SNCF Réseau (ex-RFF) ont décidé de maintenir le projet et de lancer une enquête publique, qui a eu lieu du 1er juin au 10 juillet 2015 (www.ligne-massy-valenton.com/). La Ville a donc réitéré sa demande d'abandon du projet lors du Conseil municipal du 26 mars 2015.

La commission d'enquête émet un avis favorable au projet

Le 18 novembre dernier, la commission d’enquête a rendu son rapport sur le projet Massy-Valenton. Elle émet un avis favorable, estimant que cette opération présente un caractère d’intérêt public incontestable, avec toutefois quatre réserves. La Ville reste contre ce projet et continuera de faire valoir sa position.
Les motifs de cet avis
Premièrement, le passage des TGV sur la ligne du RER C entre la gare de Massy et des Baconnets perturbe le trafic, avec des répercussions qui vont au-delà de la région Île-de-France. Selon la commission, il existe un risque que deux rames se percutent en se présentant face à face. Pour augmenter la fréquence de passage des trains sur la ligne C du RER (toutes les 15 min en période de pointe), elle juge ce projet nécessaire. Cette opération lui paraît, par ailleurs, un élément essentiel au développement économique des pôles d’emploi desservis par la ligne, en particulier ceux proches d’Orly et de Rungis. Autre argument, elle considère que le projet d’aménagement permet la suppression du passage à niveau de Fontaine Michalon, un des plus dangereux d’Île-de-France.
Plus d'avantages que d'inconvénients, d'après la commission
Elle soutient que l’important programme de protections acoustiques du projet (4 200 m d’écrans antibruit, de merlons ainsi que la pose de dispositifs antivibratoires sur les voies) améliorera la situation des riverains par rapport aux nuisances qu’ils subissent actuellement. Résultat, elle estime que les avantages sont supérieurs aux inconvénients qui ont été soulignés lors de l’enquête publique : augmentation du nombre de passages de trains, nuisances liées aux chantiers, gênes pour les commerces de proximité aux abords du passage à niveau, difficultés pour stationner, recours indispensable aux protections de façades pour les immeubles de plus de deux étages.
Les 4 réserves
Les hypothèses maximales de trafic et de vitesse devront être adaptées au dimensionnement des mesures de protections acoustiques ;
Le programme de protection acoustique doit être mis en œuvre dans son intégralité et inscrit dans la déclaration d’utilité publique ;
Les engagements de SNCF Réseau (ex-RFF) concernant l’organisation et la gestion des chantiers doivent être mis en œuvre et rendus contractuels au titre de la déclaration d’utilité publique ;
Le maître d’ouvrage, du fait de la suppression du passage à niveau, doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour reconstituer 36 places de stationnement au plus proche des commerces du quartier de Fontaine Michalon.

Question à Wissam Nehmé, conseiller municipal délégué à la sécurité routière et à la prévention des risques.

Quelle est la position de la Ville suite au rapport de la commission d'enquête ?
Malgré le millier d’observations négatives formulées par les riverains, malgré la mobilisation des associations comme le CDR MaVal ou le CELFI, malgré l’opposition de la Ville qui a voté en juin 2013 un avis demandant l’abandon du projet, ainsi qu’une motion en mars 2015 réitérant cette demande, et malgré un courrier adressé au ministre des Transports, la commission d’enquête a approuvé le projet. Elle n’a pas suivi notre argumentation contestant son utilité publique en raison de la baisse du trafic depuis des années, baisse qui va se prolonger si l’on en croit les débats difficiles en cours au sujet de la ligne Paris-Bordeaux. Nous continuons de penser que quelques minutes de retard pour les TGV ne peuvent constituer des raisons suffisantes pour apporter à ce projet un caractère d’utilité publique et que l’augmentation du trafic du RER C à l’heure du réseau du Grand Paris n’est pas utile. Nous ferons valoir de nouveau notre position quand le Gouvernement aura déclaré l’utilité publique du projet Massy-Valenton, et nous utiliserons tous les moyens juridiques en notre possession.

Cliquez ici pour consulter la position de la Ville sur les solutions proposées par SNCF Réseau (ex-RFF)
Discours du maire d'Antony, le 2 juillet 2012, lors de la réunion publique d'information.
Qui est SNCF Réseau (ex-RFF) ?

SNCF Réseau (ex-RFF - Réseau Ferré de France) est un Etablissement Public Industriel et Commercial (EPIC) créé en 1997. Propriétaire et gestionnaire des infrastructures ferroviaires, SNCF Réseau a pour objet l’aménagement, le développement, la cohérence et la mise en valeur du réseau ferré national.